Mario Lúcio - Kreol (2010)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/03-11/mariolucio_kreol_front.jpg Kreol par Mário Lúcio 3567250240824

Un joyau de dix-sept chansons à la recherche d’une créolité diverse et unie en sept pays, interprétées par l’une des plus belles voix du Cap-Vert et des invités distingués.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Kreol

label: 
Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
CD
3567250240824
0

Descendant d’esclaves africains par sa grand-mère et de colons portugais par son grand-père, héritier d’un métissage forcé, Mario Lúcio est parti en 2009 à la recherche de la « créolité ». Il l’a trouvée multiple, diverse et unie, la même et différente à la fois. Elle constitue le matériau de ce joyau sorti en 2010 en dix-sept chansons où il n’y a rien à jeter, interprétées par l’une des plus belles voix du Cap-Vert, un timbre pur, une diction de prière lumineuse à l’exemple de la première supplique, Na Capela, émouvante de sobriété.

Des mélodies distinctes, des invités distingués que l’ancien leader du groupe Simentera (1992-2004) a rencontrés en sept pays, sur les continents de l’ancien commerce triangulaire. A La Havane, Mario Lúcio convie l’un des parrains de la trova cubaine, Pablo Milanés, pour un chant à deux sur une musique riche d’accords jazzy (Petit son).

Il invite la créolité martiniquaise avec la biguine du crooner Ralph Thamar et le piano de Mario Canonge (Egal Ego), ou encore les cordes maliennes de la kora de Toumani Diabaté (Mae Mother) et du violon so kou de Zoumana Tereta à la déclamation spectrale sur Orfon.

A Lisbonne, c’est le timbre fin, presque enfantin, de Teresa Salgueiro, la voix de Madredeus, et la guitare cristalline de Pedro Joía qui lui content un lamento doux comme une berceuse (Hora de Andorinha). A Rio, Lúcio s’entoure sur une bossa nova apaisante (Mar di Tarrafal) de la tendresse mystique de Milton Nascimento, l’artiste brésilien le plus proche de lui pour son inspiration spirituelle, si chère à Mario.

Le disque est généreusement imprégné par le Brésil, mais sait aussi retrouver quelques cadences capverdiennes, le finaçon, la tabanka (Tabankabé) de Santiago, l’île de Mario, ou la coladeira telle l’excellente Santa Catarina Hossana enregistrée avec le groupe Gorée Afro Djembé. Un clin d’œil à l’île sénégalaise mondialement reconnue comme ancien centre de tri des déportés africains, alors que Mario est né pas loin de Cidade Velha, la cité capverdienne de la traite négrière dès 1462, plus de deux siècles avant l’emblématique Gorée.

L’avocat et ex-député du PAICV, le parti issu de l’indépendance du Cap-Vert en 1975, et ministre de la Culture depuis mars 2011, est né au nord de Santiago, à Tarrafal. Une ville de pêcheurs, station balnéaire courue, anciennement abri d’un bagne où la dictature du docteur portugais Salazar embastillait les prisonniers politiques cueillis dans tout l’empire du Portugal.

Mario n’oublie pas le passé quand il égrène délicatement des vers inspirés avant de laisser un rythme lancinant soutenir le discours de Harry Belafonte sur Planet. Une allocation prononcée comme un murmure poignant par le crooner américain en mars 2006 à l’occasion du First Amilcar Cabral International Award, du nom du leader de la lutte de libération du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau, assassiné en 1973.

Lúcio n’oublie pas non plus la personne qui a le plus fait pour faire connaître son petit pays au monde, Cesaria Evora avec laquelle il reprend Mar azul, la meilleure interprétation avant la consécration universelle de la diva grâce à Miss Perfumado en 1992. Deux poèmes écrits par B. Leza (1905-1958), le plus grand poète de morna, chanté encore par des générations de Capverdiens et sublimé par cet album, l'un des meilleurs de 2010 et probablement de la décennie suivante.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

Albums proches
Recommandé si vous aimez
extract1: 
Mots Cles
portrait: 
Région: 
Thème: 
Partager | translate
commentaires