Ali El Khencheli - Chants des Aurès (1999)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-12/alielkhencheli_chantsdesaures_front.jpg Chants des Aurès par Ali El Khencheli 794881472222

Grande mémoire de la musique berbère de l’Est algérien, le maître chaoui chante un florilège de ses succès sur fond de bendir surchauffé et de flûtes vertigineuses.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Chants des Aurès

Date de parution: 
1999
Réf
types de supports: 
Digipack
794881472222
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Si le chant berbère du nord de l’Afrique du Nord était un arôme, ce serait probablement l'anis. Que ce soit au Maroc ou en Algérie, cette tradition vocale du fond des âges laisse une même sensation rafraichissante et inouïe à la fois. Le massif aride des Aurès dans l’Est algérien est le bastion des communautés chaouies. A Khenchela notamment, sont encore pratiqués les différents chants régionaux interprétés en langues berbère et arabe locales : abdaoui, sraoui, mejani, garbate ou rakrouki, dit aussi rokroky. Des genres qui partagent avec l'ahidous du Moyen-Atlas marocain des ressemblances fraternelles : vocalises dépouillées, faible ambitus, préliminaire instrumental tesriha ou encore la lente chorégraphie du trig esaf, la danse féminine chaouie associée.

Art vocal exigeant, le chant chaoui requiert à la fois une gouaille et un ton de fausset aigu. Maître incontestable, le vénérable Ali El-Khencheli, disparu en 2004 à quatre-vingt-dix ans, en était la dernière grande mémoire. Son répertoire mêle chants de partisans de l'indépendance, airs à danser et anciens succès en arabe comme, Kharjat men l'hammam, remontant à son premier enregistrement en 1949, Hezzi ayounek, Man lezbek men lahrir, et Ajbouni ramgat ghzali. Cette alternance de pièces enlevées, de martèlements du bendir et d'apartés lents rompt la monotonie apparente des thèmes courts répétés. Ayache a memmi est par exemple une complainte mélancolique en berbère adressée à un jeune résistant. Les battements graves du bendir ponctuent le texte et mènent à la danse. Tout l'art du chanteur est précisément de renouveler les sujets courts, malgré l’ambitus étroit, par leur intonation et leur syncope respectives. El-Bahri jebba, Assalah ou'ami, par exemple, constituent des trésors de minimalisme.

A la façon des genres processionnaires, Lali abar wa yessir et El Hwa wa dhrar forment des mouvements responsoriaux entraînants, des airs à danser semi-rapides, plongeant l'auditeur dans la frénésie d'une ronde villageoise. El-Khencheli est accompagné ici d'un duo de flûtes gasba, qui entonnent à l’unisson chaque thème en une tesriha instrumentale. Puis les à-coups de l'accompagnement rythmique puissant des gasba (Lali abar wa yessir, Maaraka, Ajbouni ramgat ghzali) et leurs thèmes tournoyants (El-Bahri jebba) évoquent étonnamment ceux des shemshal kurdes (Iran) ou des kasaba de zabid (Yémen).

Le chant, les flûtes virevoltantes, la scansion essoufflée, le bendir cahotant, tout, dans cette prise sans filet, recrée l'ambiance échauffée d'une fête de mariage dans les Aurès où on se prend à voir onduler d’un même mouvement le rang des villageoises sur un pas de danse nonchalant. Ali El Kencheli était féru du style le plus festif des Aurès, mêlant le sacré et le profane, le rokroky.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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Ali El Khencheli est l'auteur de la célèbre Chanson - jari Mahmoud - (mon voisin Mahmoud) enregistrée dans les années 50 avec Gasba (flûte) et Bendir (tambour). Par la suite, Elle a été reprise par le chanteur Tunisien Ahmed Hamza sous le le titre - ya jari Hammouda - Ce dernier lui a apporté de nouveaux arrangements avec l'introduction des instruments à cordes.