Rubén Blades, concert unique à Vic-Fezensac

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Rubén Blades, concert unique à Vic-Fezensac

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Commençons par la fin. C’est Rubén Blades (dimanche 31 juillet) qui clôture cette 18e édition du festival gersois Tempo Latino, inaugurée le 28 juillet. Après le ratage du Zénith à Paris le 9 juillet où les organisateurs avaient annulé ex abrupto le grand retour en France de l'illustre salsero, faute de billetterie suffisante pour couvrir le coût, apparemment très élevé, de la soirée. Vic-Fezensac restera donc son premier concert dans l'Haxagone depuis son Olympia parisien en 2000. Celui que l’on surnomme “el Maestro” a été entre-temps ministre du Tourisme du gouvernement panaméen de son ami, le social-démocrate pro-américain Martín Torrijos (fils d’Omar Torrijos, le dictateur anti-étatsunien de 1968 à 1981), de 2004 jusqu’à la fin de la présidence de ce dernier en 2009. Année où Rubén reforme son fabuleux groupe, Seis Del Solar fondé en 1982, pour une tournée triomphale en Amérique latine.
Fort de ses sept Latin Grammy Awards, figure légendaire du tout aussi mythique label new-yorkais Fania, le Maestro est connu pour avoir révolutionné la salsa traditionnelle en n’utilisant plus de cuivres, section instrumentale inhérente au genre, et en y introduisant des rythmes rock, influençant ainsi les générations suivantes de musiciens latino-américains. Influence que ne dénieront pas les dix membres latino-texans de Grupo Fantasma, en ouverture du Tempo Latino (jeudi 28), rassemblés il y a une dizaine d’années à Austin, renouant avec la salsa des sixties et seventies de la Fania pour lui donner des couleurs funky, la mélanger aux rock, jazz, reggae, hip hop, samba, merengue dominicain, aux mambo, guajira et cha cha cha cubains, à la cumbia colombienne, à de la tradition africaine. Ils ont ajouté à leurs chant en espagnol, guitares électriques, basse, trompette, sax, des congas, timbales ; un combo qui vient de leur fait remporter le Grammy 2011 en catégorie rock latino. Le Grupo est précédé le même soir par les cinq membres de la Bomba Estéreo, nouvelle sensation de Colombie, née en 2005 à Bogotá, menée par le bassiste surdoué Simón Mejía, qui habille la cumbia nationale de rock, rap, ragga et électro. Un mélange nommé electro cumbia que le quintette appelle electro vacilón, et sur lequel chante joliment Liliana “Li” Saumet, habitée par la formidable énergie qui remue actuellement nombre de formations urbaines colombiennes. Une scène bien représentée au Tempo Latino par aussi le DJ Quantic et son Combo Bárbaro (vendredi 29) en première partie du plus Français des Colombiens, Yuri Buenaventura, de retour à Vic après six ans d’absence. Installé à Cali, sur la côte pacifique de Colombie, célèbre avec le Quantic Soul Orchestra, le Britannique Quantic a réuni autour de lui quelques talents reconnus comme le pianiste Alfredo Linares, Malcolm Catto (The Heliocentrics) ou Arthur Verocai (Jorge Ben) pour des fusions afro-latines, soul et afrobeat.
Outre Rubén Blades, les arènes de Vic accueillent un autre monstre sacré de la salsa et du boogaloo, le frappeur portoricain de timbal Willie Rosario (samedi 30), à la tête du même orchestre depuis un demi-siècle ! Une institution.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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