Huitième édition des musiques NoBorder

evenement

Huitième édition des musiques NoBorder

NoBorder, festival valeureux de Brest expose pour sa huitième saison, du 8 au 16 décembre, un éventail musical allant de patrimoines sans âge à des mélanges modernistes audacieux en passant par le renouveau de la tradition, pari et gage de sa pérennité.

NoBorder vaillant

Huit ans déjà ! Lancé en plein repli des musiques du monde dans l’Hexagone et des festivals qui leur sont dédiés, parfois depuis plusieurs décennies, baisse des subventions publiques, désintérêt des médias pour le genre, le plus souvent eux-mêmes en crise, NoBorder était un pari risqué. Pari tenu. Cette huitième édition du vaillant festival propose ce long week-end du 13 au 16 décembre une vingtaine de spectacles de patrimoines sans âge aux mélanges modernistes audacieux en passant par le renouveau de la tradition. A l’exemple de la visite en guitares électriques de l’héritage touarègue du Niger qu’effectuent Les Filles de Illighadad (jeudi 13). Un trio féminin d’où émerge la voix perçante de Fatou Seidi Ghali, épaulée par ses complices Alammou Akrouni et Mariama Salah Assouan pour revivifier un puissant patrimoine berbère du Sahel.

Ashwini Bhide-Deshpande, souveraine du khyal

Ashwini Bhide-Deshpande (vendredi 14), née à Bombay dans une famille très liée à la tradition musicale, diplômée en microbiologie et biochimie, est une célébrité du khyal, imagination, en arabe. Un style forgé au début du XVIIe siècle dans une culture indo-persane, que prisaient les cours princières d’Inde du Nord. Le chant d’Ashwini Bhide-Deshpande, soutenu par les tabla, luth tanpura au long manche et harmonium portatif introduit par les Britanniques dans le sous-continent indien au XVIIIe siècle, est reconnu pour ses arabesques vocales acrobatiques. Un talent qui lui fait interpréter des poèmes sentimentaux, des odes dévotionnelles, des contes philosophiques, parfois datant du XIIIe au XVIe siècles, dans un savoir mêlant hindouisme et soufisme. Une culture qui lui inspire ses propres chants.

Niño de Elche, perturbateur du flamenco

L’Espagnol Niño de Elche (samedi 15) est un perturbateur. Il chante, joue (guitare, électronique), accompagné de percussions et de claviers, un néo-flamenco qui part de la tradition pour basculer dans une dimension technoïde. Outre le cante jondo, le chant profond andalou, le répertoire de Niño fait le grand écart en s’inspirant, à la fois, de Dmitri Chostakovitch et de Tim Buckley, avec des tempos de cirque, de cabaret et autres rythmes électro. Bref, artiste entier et enflammé, Niño de Elche sait muer un chant douloureux en air de fête sans frontières. En fait un retour, un détour par de nouveaux chemins, au vrai flamenco qui reste à la fois une tradition de complainte et d’allégresse. Une lamentation qui se danse.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

Mots cles
Région: 
Genre: 
dans la boutique
et aussi sur akhaba.com
sur le web
Partager | translate
commentaires