Les Majorstuen de Norvège fondent sur Paris

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Les Majorstuen de Norvège fondent sur Paris

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Patrice Dalmagne et Geir Dokken

Cinq jeunes gens, trois filles et deux garçons épris de cordes, celles qu’on frotte, forment ce groupe classieux de Norvège qui revient samedi 14 janvier à Paris, au Théâtre de la Ville, pour jouer avec délicatesse, vigueur, parfois une pointe d’humour, un répertoire inspiré des traditions de leur pays et un peu d’une autre terre de prédilection pour les violons et violoncelle, l’Eire. Issus de différentes régions norvégiennes, la tête emplie des airs anciens joués par les maîtres de bals menés traditionnellement et essentiellement par les violons, la plupart des membres du groupe se sont rencontrés à l’Académie de musique de Norvège, située à Majorstuen, nom d’un quartier d’Oslo qu’ils ont donné à leur quintette, tout simplement.

Mais leur musique est loin d’être simple alors qu’elle semble limpide, épurée comme les fonds des fjords, mais bâtie sur un jeu d’harmonie raffiné, une esthétique fine. Réunis depuis 2000, les filles, Tove Dalbakk (violoncelle et blonde), Jorun Marie Kvernberg (blonde) et Synnøve S. Bjørset (brune), toutes deux aux violons, et les garçons, Andreas Ljones (cheveux courts) et Gjermund Larsen (chevelu et barbu), tissent avec leurs cordes une broderie de point et contrepoint tout en pastel quand ils jouent une ballade nostalgique, comme une sérénade d’un amour courtois des temps chevaleresques. Mais, ils savent aussi passer à des cadences endiablées, telles celles du halling, musique de danse contorsionniste, de reinlenders vifs, de polkas fiévreuses, ou interpréter des rythmes plus solennels comme ceux de la danse paysanne norvégienne en couple, gangar.

Entre mélodies scandinaves anciennes et leurs propres compositions, les Majorstuen écrivent leur musique aussi à la manière d’autres répertoires populaires revisités, d’Irlande ou du folk nord-américain, avec une maîtrise perfectionniste acquise lors de leur apprentissage classique. Une revitalisation heureuse de la tradition qui leur fait remporter en Norvège un Grammy Folk en 2003 et en 2005 le prix Musiciens Folk de l’Année. Ils sont accompagnés au Théâtre de la Ville par la chanteuse saami (et pas lapone, désignation péjorative en terre boréale) Annukka Hirvasvuopio, héritière du chant a cappella joik et des berceuses sans âge de son peuple aux croyances chamanes, culture qui a résisté à la conversion chrétienne imposée par les luthériens.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

"Concert dans un bureau" donné par Majorstuen le 15 novembre 2011

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